Broc d'art des tranchées – douille de 18-Pounder Mk II datée 1915 – insigne canadien CEF
souvenir d'art des tranchées de la Première Guerre mondiale , réalisé à partir d'une authentique douille en laiton destinée au canon britannique QF 18-Pounder .
Le culot conserve ses marquages militaires d'origine, notamment « 18 PR » , « II » correspondant au modèle Mark II, ainsi que la date particulièrement nette 1915 . Le 18-pounder fut l'une des principales pièces d'artillerie de campagne utilisées par les forces britanniques et du Commonwealth pendant la Grande Guerre ; les formations d'artillerie canadiennes furent elles aussi équipées de 18-pounders.
Après avoir perdu sa fonction militaire, la douille a été profondément transformée. Sa partie supérieure a été découpée en grand bec verseur , tandis qu'une poignée en laiton a été rapportée sur le côté, donnant à l'ensemble l'allure d'un grand broc ou d'un seau à charbon , ces récipients décoratifs fabriqués à partir de douilles et destinés notamment à être utilisés près d'une cheminée.
Ce type précis de transformation est bien documenté : l'Imperial War Museums conserve notamment une douille de 18-pounder Mark II transformé en broc , tandis que des exemplaires contemporains comparables transformés en charbon scuttle sont connus sur le marché spécialisé.
La pièce reçoit surtout sur sa face un insigne canadien en forme de feuille d'érable surmontée de la couronne royale , appartenant au langage emblématique du Corps expéditionnaire canadien de la Première Guerre mondiale. Le Musée canadien de la guerre décrit justement les insignes de la Liste générale du CEF par trois éléments caractéristiques : la feuille d'érable, la couronne britannique et la mention du Canada.
Cet insigne apporte à l'objet une identité particulière, associant une douille d'artillerie de 1915 à la présence canadienne au sein des armées du Commonwealth.
Le laiton conserve une forte patine ancienne , avec oxydation, traces de manipulation, rayures et marques de nettoyage anciennes. Le bec découpé et la poignée présentent un travail artisanal volontairement simple : on est très loin d'un objet industriel produit pour la décoration. La transformation laisse au contraire pleinement visible la matière première militaire dont il est issue.
Impossible en revanche, sans provenance nominative, d'affirmer que l'objet fut fabriqué directement dans une tranchée ou d'attribuer sa réalisation à un soldat précis. C'est précisément pour cela que je le présente comme art des tranchées / souvenir militaire , sans inventer une histoire que l'objet ne peut pas prouver.
Une douille destinée à disparaître après le tir a ainsi traversé plus d'un siècle sous une toute autre forme.
Le métal de la guerre est devenu objet du quotidien, portant encore sous son pied la date qui le ramène à son origine : 1915.