Sac à dos français de fortune « Ersatz » – toile cachou – vers 1914-1915
sac à dos français de fabrication de fortune, dit « Ersatz », datant de la Première Guerre mondiale et vraisemblablement de la période 1914-1915.
Réalisé dans une toile robuste de teinte beige-cachou, il appartient à ces fabrications simplifiées apparues pendant les premiers temps du conflit, parallèlement aux havresacs réglementaires de l'armée française.
Contrairement au célèbre havresac modèle 1893, surnommé « As de carreau », dont la structure était rigidifiée par une armature intérieure, ce type de sac adopte une construction beaucoup plus simple et souple.
Il se ferme à sa partie supérieure par un cordon passant dans plusieurs œillets métalliques, l'ensemble étant ensuite protégé par un rabat en toile.
Le système de portage est constitué de bretelles en cuir, toujours largement présentes sur cet exemplaire. Plusieurs boucles métalliques et languettes perforées permettaient leur réglage afin d'adapter le sac au dos du soldat.
Cette construction très fonctionnelle illustre parfaitement les équipements dits de « fortune » rencontrés durant la Grande Guerre : plutôt que de respecter dans leurs moindres détails la confection réglementaire, ils privilégiaient une fabrication rapide à partir des matières disponibles.
Il ne s'agit donc pas d'un nouveau modèle réglementaire au sens strict, mais d'une fabrication de circonstance destinée à remplir la même fonction essentielle : transporter les effets du soldat.
Chemise et vêtements de rechange, linge, effets personnels, petit matériel et objets nécessaires à la vie quotidienne pouvaient prendre place dans ce type de sac. Le paquetage français représentait alors une part considérable de la charge portée par le fantassin.
L'exemplaire présenté ici se trouve dans un authentique état de terrain.
La toile est fortement passée et tachée, avec plusieurs petites déchirures et zones d'usure. Les coutures montrent par endroits leur âge, tandis que certains cordons sont effilochés ou incomplets.
Les cuirs présentent une très belle patine : craquelures, rigidification, frottements et oxydation des boucles métalliques. Une grande partie du système de bretelles et de réglage est néanmoins toujours conservée.
Aucune restauration moderne importante n'est volontairement masquée et l'ensemble est proposé strictement dans l'état visible sur les photographies.
Les fabrications ersatz racontent une autre facette de la guerre industrielle.
Lorsque des millions d'hommes doivent être habillés, équipés et envoyés sur le front en quelques mois, l'uniformité réglementaire finit parfois par céder devant une nécessité beaucoup plus simple : faire avec ce que l'on possède, et le faire vite.
Ce sac en est encore aujourd'hui l'un des témoins.
Une toile, quelques morceaux de cuir et des boucles de fer : l'équipement réduit à l'essentiel pour accompagner un homme parti avec tout ce qu'il pouvait porter sur son dos.